25 juin, 2006
Pour la grande possessive que je suis, arriver à cette évidence et l'accepter tient au miracle.
Et encore, j'ai toujours considéré que si l'on aimait vraiment quelqu'un, il fallait le soutenir dans ses choix, même si ceux-ci étaient contraires à ce que nous, égoïstes, nous souhaitions... C'est ainsi qu'à 19 ans, j'avais laissé mon futur-ex-mari rentrer dans l'armée et prendre le risque d'être affecté dans une caserne au fin fond de la France, et donc de le perdre.
Quand on aime ou qu'on apprécie vraiment quelqu'un, la seule préoccupation que l'on doit avoir, c'est de le voir heureux. Même si ce bonheur ne nous inclut pas, même si ce bonheur nous l'enlève et le fait partir loin. On l'aime et on veut que l'autre réalise avant tout ses rêves et s'épanouisse dans ce qu'il fait.
Je le vois au quotidien avec Chloé. J'aime ma fille, et je sais qu'un jour, elle sera complètement autonome, et cherchera son bonheur ailleurs qu'auprès de moi. Je l'élève d'ailleurs tous les jours dans ce sens-là; je lui apprends à être autonome, à s'épanouïr, à être heureuse, je la prépare à " voler de ses propres ailes " d'ici une quinzaine d'années.
Mon bonheur, c est de la voir épanouïe et heureuse. autonome et libre.
Mais ce qui est valable pour ses enfants, le devient bien moins quand il s'agit d'une autre personne. Pourtant, cela devrait être la même chose, la même conscience que l'autre ne m'appartient pas et que si je l'aime vraiment, il faut le laisser partir, si tel est son bonheur.
Je me suis alors demandé pourquoi ce qui nous semblait évident pour ses enfants, ne l'était plus pour un adulte qu'on aimait ou appréciait...
Je pense que la grande différence réside dans la conscience que l'amour que notre enfant nous porte est éternel, permanent; qu'on ne le perdra jamais tout à fait, car le lien parental est puissant et que cet enfant est lié à nous jusqu'à la fin de notre vie. Alors, on accepte de le voir partir, parce qu'on sait, certes, que c'est le cycle naturel de la vie, mais aussi parce qu'on sait qu on ne le perdra jamais définitivement.
Alors qu'avec un adulte qu'on aime et qu'on laisse partir, on sait très bien le risque qu'on encourt: le perdre à jamais, le voir définitivement disparaître de notre vie.
Mais l'autre ne m'appartient pas, je n'ai aucun droit sur lui, pas le droit de lui demander de rester, de sacrifier son épanouissement pour mes envies égoïstes, pas le droit de lui imposer mes choix au détriment des siens.
Je serai la première à pleurer, mais aussi la première à l'aider à faire ses valises et à l'amener au train ou aéroport...
Sooo, celle qui comprend tout avec 2 ans de retard ...


1 Comments:
Y'a des soirs ou on se sent très con, très con d'avoir été aussi sur de soit, sur de savoir ce qui est bon pour l'autre, savoir ce qui est bon pour soien somme un joli péché d'orgueil avec toute la suffisance que cela implique.
Avec le temps on fini toujours par se demander si on a fait les bons choix, si c'est vraiment ce qu'il nous fallait. Avec du recul je suis sur personnellement de m'être trompé sur au moins un point ces derniers mois... et dieu sait que c'est dur de s'appercevoir de cela.
Que l'autre t'appartienne ou non la seule chose dont il faut être sur ses à mon humble avis de sa constence auprès de cette personne
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